Les chômeurs de la crise

Ils étaient musicien, journaliste ou trader et vivaient plutôt bien, loin des  bureaux gris de l’ANPE. Pas vraiment inquiets pour leur avenir. Mais la crise a bouleversé leurs plans carrière et leurs projets de vie.

Licenciés ou privés de contrats, ils se sont retrouvés sans travail. Wahid, Clarisse ou Arnaud* évoluent dans des univers différents, mais ils ont tous en commun d’avoir du rebondir, chercher une autre voie pour surmonter une épreuve jusqu’ici inconnue : le chômage.

Ils ont raconté pour Matière Crise le choc de la nouvelle de leur licenciement, leur  premier jour sans travail, leurs ambitions passées et leurs projets d’avenir.

*Certains noms ont été changés à la demande des personnes intéressées

Clarisse Clarisse, diplômée en Ressources humaines


Jean-Baptiste

Jean-Baptiste, musicien

Walid

Moalikyar Wahid lance son entreprise.

lehman

Arnaud, ex-trader chez Lehman Brothers

Image-2Lynn Anderson Davy, ex-journaliste au Baltimore Sun

Carole

Catherine Mercier, ex assistante de gestion

Caroline Mercier, ex-assistante de gestion

Caroline Mercier (pseudonyme) a 44 ans. Assistante de gestion dans une société d’audio prothèses, elle a été licenciée en décembre 2008. Avec comme raison invoquée la crise économique.

Depuis, elle cherche du travail et est suivie par un cabinet de replacement  partenaire du pôle emploi. Mais sans succès. Avec la crise, le nombre de chômeurs a augmenté mais la demande a diminué et les employeurs se montrent plus exigeants.

Caroline poursuit tout de même ses recherches et pense à se reconvertir dans le recrutement. Le reste du temps,  elle occupe ses journées à sillonner Paris à vélo et à nager. Une occupation qui lui permet de conserver un semblant de vie sociale et un certain rythme.

Ozal Emier et Raphaël Malkin

Lynn Anderson Davy, ancienne journaliste du Baltimore Sun

Lynn Anderson Davy, 40 ans, est journaliste. Pendant 9 ans, elle a travaillé au Baltimore Sun. Après avoir quitté le journal en 2008, elle a décidé de déménager à Lille pour chercher un travail plus stable, mais le marché en France pose aussi des problèmes.

Version Originale (en anglais)

Version Française

Euna Lhee

Arnaud, ex-trader chez Lehman Brothers

Arnaud était trader chez Lehman Brothers le 15 septembre, jour de la chute de la célèbre banque d’affaires. La faillite la plus emblématique de la crise… et la perte d’un job autrefois prometteur.

Marion Solletty

Moalikyar Wahid se lance dans les énergies renouvelables

Moalikyar a profité de la crise pour quitter son emploi dans le secteur énergétique. Il veut lancer sa propre affaire et mise sur les énergies renouvelables.

Isabelle Schäfer et Claire Tomasella

Jean-Baptiste, musicien

Jean-Baptiste a 32 ans. Il est né dans le 2e arrondissement de Paris. Titulaire d’un Bac+5, il cherche  du travail dans le domaine de la musique depuis septembre 2008.

Célia Héron et Camille Le Tallec

Clarisse, diplômée en ressources Humaines

Clarisse a 24 ans, des diplômes et déjà une expérience professionnelle. Mais la crise économique l’a amenée à rompre son premier CDI lorsque les conditions de travail se sont dégradées. La jeune femme pensait retrouver rapidement un travail. Mais la conjoncture en a décidé autrement. De Tours à la banlieue parisienne, elle frappe aujourd’hui à la porte de tous les Pôles Emploi, en attendant de fonder sa propre entreprise…

Carole Dieterich & Coline Garré

Plus de Prada pour Carrie Bradshaw

Carrie-Bradshaw-Wavy-Hair

Même les personnages du petit écran sont touchés par la crise financière.

Dans le film et la série Sex and the City, la narratrice Carrie Bradshaw a un goût pour la haute couture et les sacs à main de Louis Vuitton. Mais pour le deuxième film, dont le tournage doit commencer en août, il paraît que Carrie doit économiser et se contenter de chaussures en soldes, en lieu et place des Ferragamo.

Sarah Jessica Parker, l’actrice américaine qui joue le rôle de Carrie, a expliqué que son personnage réduirait ses dépenses et ferait moins la fête, pour montrer que même Carrie souffre des réalités de la crise financière.

La raison pour ce changement ? Sarah Jessica Parker a peur de perdre ses fans s’ils voient que Carrie, une éditorialiste de New York, ignore la récession mondiale. En conséquence, la suite de Sex and the City tiendra compte de la crise économique.

Sarah Jessica Parker a dit : « Je crois que ça va être très intéressant, ou du moins, ça devrait l’être. Vous savez, notre pays a énormément changé en un an. Carrie devra être touchée par la crise, elle n’est pas idiote. Elle va devoir faire preuve de plus de complaisance. »

Refléter ces difficultés économiques dans l’adaptation cinématographique sera un défi : la série s’intéresse particulièrement au luxe et aux marques de mode. Mais l’héroïne de Sex and the City pense que le challenge pourrait être intéressant.

« Comment peut-on le bien faire ? Et comment peut-on le faire d’une manière qui n’est pas paresseuse ? Il y a beaucoup à penser parce que cette époque est très différente. Donc ce sont des défis agréables, ce sont de bons défis. »

Elle affirme que le deuxième film, dont la sortie est prévue en mai 2010, mettra encore en scène une intrigue passionnante et sensationnelle.

Mais le Star Agora pose une bonne question: « En même temps, quand on va au cinéma, c’est pour revivre notre quotidien ou alors s’en échapper ? »

Euna Lhee

Crédit photo : beauty.glam.com

Pirate économique, une profession d’avenir…

Les pirates du XXI ème siècle n'en finissent plus de faire trembler...

Les nouveaux pirates font trembler les banques suisses

 

Aaaah, la Suisse… son chocolat, ses montres, ses vaches… et ses troublantes transactions.

La Suisse, attaquée de toutes parts  pour son secret bancaire (voire l’explication du terme ici), doit faire face à la curiosité croissante des services d’espionnage internationaux, très intéressés par les informations que recèle sa place financière, d’après une interview de M. Bühler, le patron des services de renseignements intérieurs suisses, le Service d’analyse et de prévention.

“Cette situation s’est renforcée avec la crise financière et la compétition” entre places financières, avec notamment des attaques de pirates sur internet qui tentent de s’introduire dans les réseaux des banques, assure M. Bühler. Une partie de ces assauts via le web provient “de l’Asie ou passe par la Chine sans qu’il soit possible de dire avec exactitude de quel pays ils proviennent”.

Les services de renseignements intérieurs helvétiques, une petite structure de 120 personnes dépendante du ministère de la Défense, estiment dans leur rapport annuel que “l’espionnage continue d’être exercé en Suisse sous toutes ses formes”, allant de l’espionnage classique par informateur au renseignement via des moyens sophistiqués de télécommunication. La plupart du temps, les espions infiltrent la Suisse, siège de nombreuses institutions internationales, avec un statut de diplomate ou sous couvert d’une  activité de journaliste, selon les renseignements helvétiques. Pour l’agence, la Confédération “se trouve dans le collimateur des services de renseignements étrangers en raison de son importance comme plateforme de négoce de matières premières et sa place financière”.

Face à cet intérêt, les autorités fédérales ont interdit l’année dernière l’accès au territoire à 21 ressortissants étrangers disposant d’un statut de diplomate, contre 8 en 2007. Des mesures “préventives”, qui ne sont pas toujours liées à des affaires d’espionnage financier, prévient M. Bühler. Face aux menaces des grands pays européens et des Etats-Unis, la Suisse a décidé courant mars de lâcher du lest sur son secret bancaire et mène actuellement des négociations avec plusieurs pays pour être rayée de la liste “grise” des paradis fiscaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais c’est le petit voisin, le Liechtenstein, qui a démontré de manière flagrante la vulnérabilité des banques face aux attaques des services de renseignements. En février 2008, un ancien salarié de la banque LGT a dérobé des documents  qu’il a remis aux services secrets allemands, mettant à jour un vaste scandale (dont on peut lire le détail ici)  de fraude fiscale qui s’est répandu à d’autres pays et a poussé plusieurs Etats, dont la Suisse et le Liechtenstein, à faire des concessions sur le secret bancaire. L’affaire de la banque princière LGT “a été un coup de semonce pour l’ensemble du secteur” financier, relève un porte-parole de l’Association suisse des banquiers. Le vol des documents contenant des informations confidentielles sur les clients de la banque “a démontré les dangers”, comme l’explique cet article, qu’encourent les établissements bancaires s’ils ne se protègent pas suffisamment, explique-t-il.

Autant les “pays d’Europe occidentale qu’orientale” mènent des activités d’espionnage en Suisse, commente encore M. Bühler, sans nommer les pays suspectés pour des raisons diplomatiques. Face à ces attaques, les autorités suisses tentent de sensibiliser les établissements bancaires aux dangers encourus. Mais “on ne peut pas placer une patrouille de police devant chaque banque”, commente le patron des services de renseignements.

Célia Héron (avec AFP)

Photo : Slushpup/Flickr

L’armée accueille les jeunes chômeurs à bras ouverts

“Nous sommes les soldats de France, nous marchons fiers et joyeux, sans jamais baisser les yeux, nos cœurs débordent de vaillance!” Ce refrain pourrait être repris par de nombreuses voix cette année.

Partout en France, les Centres d’informations et de recrutement de la force armée (Cirfa) ont de plus en plus de pain sur la planche.  Depuis le début de la crise, les jeunes se tournent davantage vers l’armée.

Après septembre 2008, les demandes ont augmenté de 20% par rapport à 2007. “Pour nous, l’accélération s’est fait sentir en novembre et pendant la première quinzaine de décembre”, précise l’adjudant-chef Laurent Bastien, stationné en Bretagne. A l’armée, on se réjouit. Ces deux dernières années n’étaient vraiment pas bonnes pour les recrutements. Les chiffres étaient clairs: 30% de dossiers en moins. Mais ça, c’était avant la crise.

Et l’armée compte recruter. 21.000 nouveaux emplois seront disponibles en 2009. Et pas seulement des soldats. D’après le  commandant Kenani, cité dans La provence.com, l’armée offre la possibilité de faire 400 métiers différents “dont la plupart sont transposables dans le civil”. Informaticiens, secrétaires, électriciens, chauffeurs, tout y est.

Cela peut faire rêver certains, mais il ne faut oublier que l’armée, on n’y va pas à la légère. “On  ne s’engage pas parce qu’on n’a pas trouvé autre chose”, car “un mécanicien peut aussi avoir à tenir un fusil”, met en garde Laurent Bastien. C’est encore et toujours la motivation qui prône.

Le public ciblé: les jeunes de 16 à 29 ans. Sur le site de l’Armée de Terre, on précise qu’elle fera “ un effort particulier en direction des jeunes en difficulté d’intégration sociale ou en échec scolaire.”

Dans son langage imagé, l’armée se dit inscrite “en droite ligne de la bataille pour l’emploi engagée par le gouvernement.”

En avant alors! Les campagnes de recrutement ne reculent devant rien pour motiver des recrues potentielles : spots publicitaires dans les cinémas, conférences en province, mais aussi du “e-recrutement” pour justement “répondre aux besoins des jeunes”. Depuis peu, les  intéréssés peuvent s’informer en direct sur internet.

De plus, la crise est ici une bonne nouvelle pour les jeunes. Avec la fermeture de certaines bases militaires, les départs ont été importants. Compenser la baisse du nombre de soldats devient indispensable.  Place au sang jeune!

Isabelle Schäfer

Crédit photo: stéfan / Flickr